Témoignages

Entreprendre à l’école pour former la relève de demain

Initialement enseignant de français au secondaire, Bruno Maranda a rapidement constaté que les cours sur l’entrepreneuriat représentaient un défi intéressant. Cet enseignant entièrement voué à la cause pédagogique offre désormais une formation sur l’entrepreneuriat à l’École secondaire Mont-Saint-Sacrement à Saint-Gabriel-de-Valcartier.

Concrètement, quelle forme prend votre implication dans les activités d’entrepreneuriat?
Je donne le cours de sensibilisation à l’entrepreneuriat en 5e secondaire. Je pilote également, de concert avec un enseignant de sciences générales et un autre de mathématiques, un projet de conception, de construction et de distribution de tables à pique-nique entièrement conçues par les élèves. Mon rôle est d’orienter mes élèves en entrepreneuriat dans le développement du volet marketing du projet.

Quels outils utilisez-vous pour guider les étudiants dans les activités?
J’utilise DayOne, une application qui prend la forme d’un journal de bord pour conserver des traces des réalisations des élèves, et je la combine à une matrice de modèle d’affaires afin de faire vivre concrètement aux élèves chaque étape du démarrage d’une entreprise et la gestion de celle-ci. De plus, des entrepreneurs viennent en classe afin de présenter leur parcours et leur entreprise. D’ailleurs, certains conseillent même les élèves dans leur projet. C’est le cas de l’entreprise Blancharbon, par exemple, qui est venue orienter la stratégie marketing numérique des équipes du cours. D’autres entreprises sont également venues dans le cours, dont ORA Marketing social et AmpMe. Les élèves participent aussi chaque année au Défi OSEntreprendre et doivent, sous forme d’un argumentaire de vente, présenter leur projet devant des entrepreneurs du milieu.

Pourriez-vous nous décrire les projets liés à l’entrepreneuriat auxquels participent vos étudiants?
Les étudiants prennent part à de nombreux projets : participation au défi OSEntreprendre, création d’une campagne publicitaire, gestion d’un budget, préparation d’un argumentaire de vente pour une présentation devant des entrepreneurs de l’industrie, création d’un blogue (dans le cadre du projet One Red Paperclip), réalisation d’un concept de marketing alternatif et réalisation d’un CV d’entrepreneur interactif.

Les étudiants sont-ils réceptifs aux activités associées à l’entrepreneuriat, sont-ils enthousiastes?

« En moyenne, un étudiant sur trois qui suit le cours ambitionne de devenir entrepreneur dans le futur.  »

— Bruno Maranda

Pour les autres, le cours propose une façon d’envisager un parcours non traditionnel et d’en faire l’expérience pour en comprendre les rouages, les réalités et les retombées positives et négatives.

Selon vous, quels sont les enjeux de votre action au sein de l’École secondaire Mont-Saint-Sacrement?
Je crois qu’il est essentiel que de plus en plus de jeunes prennent conscience que l’entrepreneuriat est un mode de vie accessible bien qu’exigeant — ce qu’ils constatent également. Au Québec, dans les prochaines années, les entrepreneurs seront une ressource rare, et il faut trouver des solutions avant que cette situation ne devienne un enjeu majeur.

Quels sont les conseils que vous donneriez aux futurs entrepreneurs?
Croire en leur potentiel et, surtout, passer à l’action. Beaucoup de bonnes idées demeurent à l’état embryonnaire à cause de la peur de perdre la stabilité d’emploi, alors que de plus en plus de possibilités s’offrent aux jeunes d’aujourd’hui. Surtout, combiner leur passion à ce qu’ils veulent créer et ne pas avoir peur du changement et de l’adaptation.

Comment peut-on détecter la fibre entrepreneuriale?
Paradoxalement, les jeunes qui agissent d’abord et qui pensent ensuite sont souvent les plus susceptibles d’avoir la fibre entrepreneuriale. Lorsqu’ils sont en action, plusieurs réussissent à trouver des solutions pendant qu’ils sont aux prises avec les problèmes qu’ils rencontrent; ils utilisent leur imagination et leur créativité sans arrêt. Ceux qui pensent en dehors du cadre et qui sont à l’aise avec l’incertitude sont également, selon moi, de bons candidats pour l’entrepreneuriat.

Après qu’ils ont participé à une activité entrepreneuriale, pensez-vous que certains des étudiants considèrent l’entrepreneuriat comme une option de carrière sérieuse et viable?
Pour utiliser un exemple concret, lors de notre visite chez Spektrum Media — une entreprise qui se spécialise, entre autres, dans le soutien de jeunes entreprises —, plusieurs ont été marqués par l’ambiance de travail dans cette boîte. Des haltères, une PlayStation, une table de ping-pong et un bar, entre autres, occupent une bonne partie de l’immeuble. Les gens travaillent en collaboration, selon des horaires variables et un mode d’organisation du travail beaucoup plus horizontal que vertical .